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La lettre de mars 2014

Manifester sa solidarité à l’égard des survivants du génocide

Chers adhérents, parrains, amis,
L’année 2014 est marquée comme vous le savez par la XXe commémoration du génocide. Une année à laquelle notre association s’efforce de donner un relief particulier.
A la une, l’évènement que nous organisons en avril pour les vingt ans du génocide, avec la Ville d’Ivry-sur-Seine et l’association Ibuka.

Une exposition-installation du plasticien Bruce Clarke, pour la mémoire et la dignité des victimes du génocide des Tutsi au Rwanda.

Du 7 au 18 avril 2014 : "Les Hommes Debout" dans l’avenue Georges Gosnat, à Ivry-sur-Seine, de la station de métro Mairie d’Ivry à la gare RER. Pour mieux comprendre ce projet d’art, et sa portée internationale, le site vous propose une page spéciale.

Le 11 avril 2014 à 18h30 : cérémonie commémorative, en présence de M. Pierre Gosnat, Maire d’Ivry-sur-Seine, et de S.E.M l’Ambassadeur du Rwanda en France. (5 rue Raspail, Ivry-sur-Seine)

Le 11 avril à 20h30 au Hangar : concert "Les Hommes debout" - Carte blanche à Gaël Faye. Avec de nombreux invités surprise.
Concert de solidarité aux rescapés du génocide.
Le Hangar, 5 rue Raspail, Ivry-sur-Seine.
Prix des billets : 10 euros (paiement sur place, règlement en espèces ou chèque uniquement. Pas de cartes bancaires).
Plus d’information

Le projet Les Hommes debout

Le 7 avril 2014, des Hommes debout se dresseront sur des lieux symboliques (la Place des Nations à Genève, la Route de l’esclave au Bénin, le Parlement européen à Bruxelles, etc.) grâce à des projections lumineuses et des kakémonos.

Comme à Ivry où « Les Hommes debout » incarneront l’affirmation d’un peuple qui reste debout ; ils diront aux passants qu’ont vécu et péri des femmes, des enfants et des hommes, dignes, que nous n’oublierons pas.
Les Hommes debout ont reçu le label « La Route de l’Esclave de l’UNESCO » en Novembre 2012.

Pour mieux connaître le projet Les hommes debout, rendez vous sur le site dédié :
www.uprightmen.org

Carte blanche à Gaël Faye

Ce Franco-Rwandais, membre du groupe Milk Coffee and Sugar, salue la mémoire des victimes du génocide évoquée dans le projet les Hommes debout, peints par l’artiste Bruce Clarke.

Comme pour son album solo « PILI PILI sur un croissant au beurre », Gaël mélange les genres et nous réserve bien des surprises avec ses amis musiciens et artistes venus de tous les horizons… les slameurs Grand Corps malade, Capitaine Alexandre et Apkass, les chanteuses Emel Mathlouti et Shanel, le guitariste et chanteur Samuel Kamanzi, l’écrivain Alain Mabanckou, l’historien José Kagabo, l’actrice Sonia Rolland…

La Chanson de l’Aube

un roman de Vénuste Kayimahe

A paraitre le 27 mars aux editions Izuba le nouveau livre de notre ami Vénuste Kayimahe, La Chanson de l’Aube.

La chanson de l’aube est un hymne aux couleurs de la vie, des plus sombres aux plus vives, qui, dans une langue forgée au feu de l’expérience de rescapé, puise dans la fiction romanesque les ressources permettant de rendre audible l’indicible.

Le Rwanda, avant, pendant et après le génocide à travers l’histoire de Laurien, cet enseignant qui a eu un peu trop de chance dans sa vie : un mariage heureux avec Mireille, deux magnifiques enfants et un métier qui lui assure un avenir meilleur que celui de ses parents.

Pourtant, Laurien s’inquiète. Ses voisins le regardent avec une jalousie grandissante. Et ce qui n’était qu’une inquiétude diffuse se mue en peur. Il sent le danger grandir autour de lui et des siens. Il a peur de ces autres qui ont de la haine dans le regard et de plus en plus de violence en eux.

Et puis vient le génocide. Il faut lutter mais il est difficile de conserver cette envie de vivre au milieu de tant d’horreurs. L’horreur qui est partout et qui semble ne jamais finir. Et lorsque l’on croit avoir vu le pire, il nous attend un peu plus loin.

Un roman témoignage, contre l’oubli

Un récit d’une rare beauté où le génocide est présenté avec un grand réalisme, où le pire côtoie le meilleur, où l’amour se mêle à la haine et où le merveilleux des croyances anciennes fréquente la plus cruelle vérité.

C’est aussi et surtout un roman où la fiction, parfois entrecoupée de récits factuels sur la guerre qui a accompagné cette tragédie, permet de prendre la mesure de ce qu’a été le génocide et le traumatisme qu’il a engendré, depuis sa mise en place jusqu’à ses conséquences dans le quotidien des Rwandais.

Nouvelles des filleuls

Ci-après, des nouvelles du Rwanda , rassemblées et envoyées très gentiment par Vénuste Kayimahe – qui fait sur place le lien avec tous les filleuls – un travail au long cours et chaque mois difficile puisqu’ils sont très dispersés.

Certains filleuls ont terminé leurs études et sont actuellement à la recherche ou dans l’attente d’un emploi. Nous demandons à leurs parrains de bien vouloir continuer leur parrainage en attendant que nous fassions le point avec Vénuste à l’occasion de sa venue en France, à la fin de ce mois. Nous recontacterons alors les parrains concernés.
Concernant la famille de Cadette & Jean de Dieu & Alice & Sandrine Niyirera Aurea, nous vous informons que le parrainage de Jean de Dieu a cessé, et que vos soutiens à la famille vont à Cadette et Sandrine Niyirera Aurea.

Vénuste avait demandé aux jeunes de Bisesero d’écrire chacun un mot, mais ils ne l’ont pas encore fait. Nous allons le leur rappeler.

Depuis l’envoi de ces nouvelles, nous avons appris une terrible nouvelle : le fils aîné de Béatha, Jules, est décédé dans un accident de voiture survenu le 18 février dernier.

Nous adressons nos plus sincères condoléances à Béatha, sa maman, sa sœur Gisèle, son frère, Christian, ainsi qu’à Jean-Claude, cousin de la famille.

Les filleuls d’Appui Rwanda

► Angélique
Elle a obtenu sa licence en Development Studies à l’Université Libre de Kigali en 2012. Elle est à la recherche d’un emploi, qu’elle espère décrocher bientôt dans une entreprise indienne de commercialisation de machines agricoles.

► Béatha & Christian & Gisèle
Gisèle vient de terminer des études brillantes en IT&Electronic ; elle a également terminé avec succès un programme de Computer Science (NCC) grâce à une bourse d’une université anglaise.
Christian lui est dans sa deuxième année d’université, à l’Université Nationale à Butare. Faculté : Business & IT.
Beatha : Son hypertension l’oblige à prendre des médicaments chaque jour et elle a des crises avec ses cicatrices lors des changements de climat sinon elle va assez bien.
Gisèle Munezero : elle vient d’entrer en 1ère année secondaire en province de l’Est.

► Hakim & Djabil & Salsa & Françoise
Françoise Mutumwinka va beaucoup mieux aujourd’hui et elle a beaucoup grandi. Elle est en 4ème année secondaire à l’ETM (Ecole Technique Muhazi), en section Computer Science & Management.
Djabil Hakim est en 6ème année secondaire à ESSI (Ecole Secondaire Scientifique islamique), section MPG (Maths-Physique-Géographie).
Salsabil est en 2ème année secondaire à Ste Immaculée de la conception de Muramba.

► Djibril
Il vient de terminer très récemment sa licence en Comptabilité à la SFB, la School of Finance and Banking devenue aujourd’hui CBE, College of Business and Economics. Cependant, pour se ménager plus de chances sur le marché du travail, il voudrait enchainer avec Les cours professionnels de CPA (Certified Public Accountant) dispensés par un organisme Kenyan (KASNEB) en coopération avec l’université nationale, campus CBE.

► Gaju Kéria Carinne
Elle va plus ou moins bien, avec des hauts et des bas. Il y a près d’un mois elle a eu une forte crise respiratoire, qui ne survenait que la nuit. Amenée en consultation, le médecin a dit que ce n’était pas grave, que ça pouvait être une allergie ; elle a reçu un traitement antibiotique combiné à des antiallergiques. Mais si la détresse respiratoire nocturne semble atténuée, elle n’a pas totalement disparue. Elle doit retourner en consultation cette semaine. On pense aussi aller consulter un orthopédiste pour savoir pourquoi elle ne marche pas encore et si quelque chose peut être fait. L’enfant se trouve pour le moment avec sa grand-mère à la campagne.

► Les étudiantes et étudiants de Bisesero
Nsabimana Jean-Baptiste et Hategekimana Emmanuel ont terminé leur licence le mois dernier, le premier a fait la faculté des Finances et le second celle de Comptabilité. Ils recherchent un emploi.
Les 11 autres sont en dernière année et terminent à la fin de 2014.

► Nadine & Ornella
Ornella et Nadine sa maman vont bien. Ornella est maintenant en deuxième année primaire. Elle semble intelligente.

► Alice Uwimitali
Elle a réussi les examens du Tronc commun. Elle est maintenant en 4ème année, section HEG (Histoire-Economie-Géographie) au College Academy, une école secondaire adventiste située à Gahogo près de Kabgayi.

► Joséphine & Jeanne
Joséphine va bien. À part une crise de dos qui est passée, elle n’a pas été souvent malade l’année dernière comme c’était le cas les années précédentes.
Jeanne a terminé sa formation en couture. Mais aussitôt elle est partie de la maison, il y a un peu plus d’une semaine. Mais ce sont des escapades auxquelles Joséphine a appris à s’habituer. Elle a proposé à Jeanne de lui acheter une machine à coudre maintenant qu’elle connait le métier.

► Clarisse Mukanyamwasa & Fidèle Ndayishimiye
Clarisse est en 1ère année d’université à l’ISPG Gitwe où elle fait les Sciences Infirmières. Elle a obtenu une bourse de l’Etat.
Fidèle entre lundi prochain en 4ème année des Sciences Agronomiques à l’ISAE Busogo, un institut de l’Etat, branche de l’Université Nationale. Ce sera sa dernière année, qui se terminera en 2015, le ministère de l’Education ayant décidé de ramener à 4 les 5 années habituelles de cette faculté.

► Nadège Mutambarungu
Elle fait sa troisième année d’université, en faculté des Relations extérieures à l’ULK.

► Divine
Elle va bien. Elle fait sa troisième année en droit. Ça semble bien marcher pour elle.

► Cadette & Jean de Dieu & Alice & Sandrine Niyirera Aurea
Sandrine vient de terminer sa première année à l’Université Adventiste d’Afrique Centrale, département Business & Administration, faculté de Comptabilité. Elle entame la deuxième année en mars prochain.
Didier : a terminé fin de l’année dernière sa licence en Comptabilité à la même université. Il avait un emploi dans une banque de microfinance qu’il vient de quitter pour chercher un autre emploi.
Jean de Dieu a lui aussi terminé sa licence à la faculté de Theologie dans une université Adventiste de Kampala. Il avait une bourse d’un organisme religieux sud-coréen, celui qui l’avait emmené à Dakar il y a quelques années. Il attend une bourse pour aller poursuivre les études en Corée.
Alice Muhimpundu est mariée et elle est heureuse. Elle a eu des jumelles il y a deux mois. Elle compte reprendre les études bientôt, mais il n’y pas à se faire de souci pour elle. Elle a les moyens maintenant.
Cadette a terminé l’école secondaire l’année dernière. Pour l’instant elle reste à la maison en attendant une opportunité pour aller à l’université.

► Umutoniwase (Mutoni)
Elle a réussi son bac l’année dernière au Lycée de Nyandungu, en section Comptabilité. Aujourd’hui, elle attend de pouvoir s’inscrire bientôt à l’université grâce à une bourse du FARG qu’elle espère.

► Jocelyne & Josiane
Les deux jumelles ont terminé l’école secondaire.
Josiane fait des études d’infirmière à l’Institut médical de Rwamagana, une branche de l’Université Nationale, qu’un bienfaiteur a accepté de lui payer depuis le début de cette année.
Joselyne elle, en attendant de trouver mieux, fréquente un institut des Sciences culinaires du côté de Kacyiru à Kigali.

► Nzabihimana Eric & Nyiragasigwa Anastasie
La protégée d’Eric (une de ses belles-sœurs) est maintenant en dernière année de licence, faculté de Comptabilité à l’ULK.

► Fabrice Iradukunda
Il est en 5ème année secondaire, section Mécanique, une école technique officielle sise à Kavumu/Nyanza.

► Fabrice Tuyizere est en 6ème année secondaire, section Computer Sciences à l’école secondaire Inyemeramihigo de Gisenyi.

► Bertrand est dans une école secondaire à Kanombe (Kigali), 5ème année de la section HEG (Histoire-Economie-Géographie).

► Nyandwi fait la 5ème année secondaire en hôtellerie.

Depuis 2011, grâce à notre ami et adhérent Thierry Large, nous avons sollicité par deux fois une bourse auprès du COSOG (association qui regroupe la Caisse des Dépôts et Consignations et ses sept organisations syndicales) afin d’acquérir des vaches, données à plusieurs rescapés. Une opération menée à bien grâce au travail sur place de Vénuste Kayimahe.

Les vaches du COSOG

Voici les nouvelles des vaches offertes par le COSOG :
• La vache offerte à Mukantwari Marciana a donné une génisse il y a longtemps et elle attend dans les quatre mois un autre veau.
• Celle de Nyirahuku Spéciose ne portait pas et était très agressive ; elle l’a finalement revendue pour en acheter une autre à la place : elle a aujourd’hui une belle génisse.
• Celle de Nyiramakomari va donner un veau dans un mois.

La date de notre prochaine assemblée générale ne tardera pas à être fixée ; elle devrait en tout état de cause se tenir après le mois d’avril. Nous sommes en effet très mobilisés par cette commémoration. Cela demande beaucoup de temps, en particulier pour Anne Lainé qui fait le lien avec la municipalité d’Ivry, Ibuka, les artistes et la salle de concert.

Nous remercions à ce sujet la Ville d’Ivry qui manifeste concrètement son intérêt et s’implique fortement dans l’évènement. Un geste d’ampleur, qu’il faut saluer.

Le bureau de l’association lance donc un appel à tous les bénévoles qui pourraient apporter leur concours, pour faire de ce 11 avril une réussite (logistique, billetterie, bar) ; Il s’agit d’un concert de solidarité dont les fonds reviendront à l’association : c’est donc à nous qu’il revient d’organiser matériellement cette partie.
Au-delà de cela, le bureau rappelle la nécessité vitale cette année de renouveler nos instances.

Il est temps que s’opère un passage de relais.
Un renouvellement que nous avions déjà très fortement souhaité l’an passé, particulièrement pour la présidence qu’Anne Lainé doit laisser, ses activités professionnelles l’appelant urgemment. Le bureau dans sa presque totalité doit être renouvelé, ses membres manifestant leur volonté d’être remplacés, même si bien sûr ils seront toujours là pour soutenir et épauler le nouveau bureau. Mais il est normal que les responsabilités se partagent, année après année, c’est le coeur même de la pensée associative démocratique.

En attendant le prochain courier qui vous précisera les modalités de cette XXe commemoration à ceux qui veulent nous aider, voici quelques images … pour tous ceux qui hésiteraient à voyager au Rwanda ; merci à notre adherent Aymeric Givord pour ces images partagées.

Bien chaleureusement,

Pour le conseil d’administration
Doudou Sicard-Monthubert


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