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Lettre d’Avril-Mai 2006

Participer à l’effort de reconstruction du Rwanda

LA LETTRE D’APPUI RWANDA
Avril-Mai 2006

— Participer à l’effort de reconstruction du Rwanda

Chers amis,

En cette période de commémoration si douloureuse pour les personnes que nous appuyons de notre soutien, nous reprenons contact avec vous pour vous informer de notre action et vous convier à notre prochaine Assemblée Générale.

En effet, si nous avons tardé à vous envoyer cette lettre, c’est que nous avons rencontré des difficultés au sein de notre conseil d’administration. Trois membres ont souhaité démissionner.

Or leur démission étant incidemment concomitante à la venue en France pour soins de Solange, l’investissement des autres membres du conseil d’administration pour la prise en charge tant médicale, que sociale, et psychologique de cette jeune femme fut absorbante. À cela, il faut ajouter qu’étant occupée par un film en dehors de Paris, j’ai dû mettre en repos mes activités de présidente de l’association.

Néanmoins, nous avons tenu bon, et de nouveaux adhérents ont accepté de nous aider afin de pouvoir continuer le fonctionnement normal de l’association et répondre à plusieurs demandes d’aide d’urgence au Rwanda. Nous avons financé, cet hiver, la formation en informatique d’une jeune fille, Angélique, qui durant deux ans nous avait beaucoup inquiété avec ce que l’on peut penser être des manifestations psychosomatiques importantes. La situation de cette jeune fille nécessitait une écoute attentive.

Par ailleurs, une femme menacée dans sa maison s’est vue contrainte de louer une autre maison. Nous prenons en charge ce loyer en attendant que sa première maison soit louée, ce qui ne saurait tarder. Aline Kagoyire, membre de notre conseil d’administration, est en contact avec elle pour trouver une solution. Enfin, nous avons été alertés sur le fait que les juridictions Gacaca ont été particulièrement éprouvantes pour certaines personnes que nous soutenons. Ainsi Joséphine, la maman de la petite Jeanne, a dû être hospitalisée à l’hôpital psychiatrique de Ndéra. Joséphine va mieux maintenant.

Mais si ces juridictions s’avèrent un passage obligé vers la justice, la confrontation des rescapés face à leurs bourreaux provoque souvent chez eux un choc difficile à surmonter. Notre amie Jeanne Mukamusoni, responsable du soutien psychologique au sein d’AVEGA (association des veuves du génocide d’avril), nous a informé de la recrudescence des cas pathologiquement très graves. S’ajoute, pour la grande majorité des rescapés, la difficulté de travailler soit à cause de l’incapacité dont ils souffrent, soit tout simplement à cause de la pénurie d’emplois.

Leur situation devient de plus en plus précaire, ainsi que l’exprime plus loin le point sur les parrainages. Peu d’entre eux ont un travail, et le coût de la vie a augmenté de façon considérable. Il se trouve que la plupart des personnes que nous appuyons demeurent en ville, principalement à Kigali.

Or c’est précisément dans les villes que l’inflation du coût de la vie se ressent. Bien qu’il s’en défende, l’allocation que nous versons à notre correspondant, Vénuste Kayimahé, ne peut satisfaire à ses besoins et à ceux de sa famille. C’est pourquoi nous avons demandé à Vénuste de réfléchir à un projet créateur d’emplois permettant à des rescapés de vivre dignement de leur travail ainsi qu’ils le demandent.

Des projets sont à l’étude, tenant compte de l’économie du Rwanda, de la formation nécessaire à la mise en œuvre de ce projet, et des effets multiplicateurs d’emplois. Nous comptons vous présenter nos réflexions quant à ce projet lors de la prochaine assemblée générale qui aura lieu le 10 juin 2006 afin de pouvoir discuter avec vous de ce projet et de son financement.

Nous comptons sur votre participation à l’Assemblée Générale car nous avons besoin de vos idées et de vos compétences.

Sincèrement,
— Anne Lainé


Les parrainages

Au 31 mars 2006, nous parrainons une vingtaine de personnes. Le montant des parrainages n’a pas augmenté depuis la création de l’association en 2003. Aujourd’hui, nous sommes malheureusement confrontés à un problème quant au montant de la cotisation mensuelle. En effet, notre correspondant à Kigali, nous a informés depuis plusieurs mois maintenant du fait que le montant des frais de scolarisation des enfants avait augmenté de 70 à 100 %.

Vénuste Kayimahé qui redistribue sur place l’argent des parrainages, nous a également informé que le Fond d’Aide aux Rescapés du Génocide (FARG) allait être réformé et que l’aide déjà insuffisante allait encore être réduite ! Il nous est bien sûr impossible de demander aux parrains de doubler leur cotisation, mais nous envisageons de relever le montant mensuel et d’en discuter avec nos adhérents lors de la prochaine Assemblée Générale.

Nous avons décidé de demander aux personnes qui souhaitent parrainer d’adhérer nécessairement à Appui Rwanda. En effet, nous n’aurons probablement de subventions qu’à l’hiver 2006-2007 et la cotisation annuelle qui est de 20 euros et de 10 euros pour les chômeurs, étudiants... est vitale et nous permet de couvrir les frais d’envoi par Western Union, les frais liés aux envois de courriers divers, les notes de téléphone et les dépenses imprévues ...

Deux parrains ont cessé durant cette année d’apporter leur soutien financier sans nous le signifier clairement. Nous allons demander dorénavant aux parrains de nous signifier par courrier recommandé avec préavis de 3 mois tout arrêt de parrainage. Cette situation met notre association et surtout les personnes que nous soutenons dans une situation difficile et il nous faut pallier à cette défection tant que nous n’avons pas trouvé un nouveau parrain.

Nous demandons à tous les adhérents et à tous les parrains de nous aider à surmonter cette difficulté passagère : n’hésitez pas à proposer à votre entourage de parrainer un enfant en primaire ou en secondaire. Il suffit pour cela de nous contacter par courrier ou par mail.

Quant à Solange, la jeune rescapée que nous avions fait venir pour des soins, elle est désormais prise en charge par l’Aide Sociale à l’Enfance, et perçoit une petite allocation, c’est pourquoi, nous avons demandé aux personnes qui la parrainaient d’apporter momentanément leur soutien à d’autres personnes, cela a été demandé et expliqué individuellement par courrier ou mail à chacun des parrains de Solange. L’aide financière apportée par les parrains est aussi un soutien moral bien sûr et les témoignages que nous recueillons sont unanimes. Merci d’apporter votre aide et continuons ensemble ...

— Nathalie Bourg


Nouvelles de Solange et d’Erika

Après une ré-hospitalisation, Solange sort de l’hôpital Tenon le 1er septembre et retrouve sa fille, Erika, que l’équipe responsable de l’unité mère-enfant de l’hôpital du Vésinet avait accepté de garder en attendant. Nous remercions particulièrement cette équipe qui a préservé une continuité relationnelle pour Erika, sécurisante également pour la maman. Les retrouvailles mère fille ont été intenses et joyeuses. Après une étape de 15 jours chez un membre de notre association, en attendant la possibilité d’un accueil institutionnel recherché par l’Aide Sociale à l’Enfance (ASE) de Paris, Solange et Erika sont acceptées dans une famille d’accueil en province. Ce lieu s’est avéré assez lointain et très isolé dans la campagne, mais chez une famille ouverte, « mobile » et chaleureuse. D’emblée, cet éloignement n’a pas été facile pour Solange, confrontée également à un autre mode de vie, à une nouvelle « famille ». Il est important de mettre en lien l’histoire douloureuse de Solange avec un vécu de maltraitance qu’elle disait subir de la part de l’assistante maternelle. On ne peut que regretter que cette perception ait été hautement relayée par des personnes ne connaissant pas le contexte, renforçant d’autant les difficultés et la mise en danger de Solange, d’Erika et de la famille d’accueil, avec répercussions sur notre association. Pour Noël, Solange et Erika sont venues à Paris et depuis début février, elles ont été accueillies dans un centre maternel proche de Paris, de l’ASE de Paris. Elles disposent d’un petit studio, d’une allocation et d’une crèche, et ce, possible jusqu’à ce qu’Erika ait 3 ans. Cette prise en charge respectueuse de son cheminement vers l’autonomie permet à Solange de perfectionner l’apprentissage du Français et de pouvoir être aidée par l’équipe du centre à construire un projet. Solange apprécie beaucoup les membres de l’équipe ainsi que les résidentes avec lesquelles elle s’est liée d’amitié.

— Marie-Françoise Pain


Nouvelles de Béatha

(...) Je suis très contente de savoir encore vos nouvelles et de pouvoir vous dire les nôtres. Solange va mieux avec le bébé ? Comment je vais moralement et physiquement :les problèmes sont multiples ici. La vie est devenue très compliquée,les prix sont énormément élevés. Ici 1Kg de sucre est plus de 1$, 1kg de viande = 1,5$, si c’est rôti, c’est 2$. 1kg de riz c’est presque 1$.

Le transport est souvent augmenté ; bref c’est trop pénible. Je pense que on y arrivera quand même,je viens d’apprendre par votre Amour que ma vie pourra un jour arriver à un but plus meilleur. Vous m’avez appris que je peux être aimée et arriver à quelque chose.

Merci pour toutes les nouvelles et saluez tous ceux qui nous aiment.

— Béatha


Assemblée Générale d’Appui Rwanda

Samedi 10 juin 2006 à 15 heures

Salle Voltaire, Place Voltaire

94200 Ivry sur Seine

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